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Xavier Cormier

Cela était allé très vite et ça s’était planté dans le sol.
Certains virent le corps une seconde dans le ciel.
Plus prêt, on observait sa majesté.e :
Parvenu.e de l’espace sublunaire.

Cela s’était planté là sous leurs yeux et tous les autres ne l’aperçurent même pas.


Sans-titre, installation lumineuse, avec Nicholas Vargelis, 2017, 300x500cm, osb, néons, led, ampoules à filament, boitier de commande
  Saison 2016-2017 : « Tes mains dans mes chaussures »
  Vues de l’exposition 3/3 à La Galerie CAC Noisy-le-sec,
 
Ici, là, couchée, debout, 2019.
Ici, là, couché.e, debout, 2019, dimensions variables, acier peint, chêne massif, clous de tapissier, cuir.
Vue de l’exposition collective « Coeur d’acier fleur bleue ».

On cherche à cette période les traces d’un renard inconnu qui bouscule les zones de chasse de l’espèce dominante. Qui viole leurs frontières. Je trouve le spécimen abandonné au bord d’une route sur le trajet entre Nantes et Paris : type alpha, genre mâle, de l’espèce inconnue. Je décide de l’emmener. Il faut l’étudier, que je le dissèque pour développer le champ de mes compétences. Il faut impressionner les pairs en appliquant la discipline. […] Je trouve un carnassier de première classe à l’agilité frappante et la course du guépard. Un terrible animal insatiable dont les proies nourrissent en un instant la chair des muscles surpuissants. Les cellules de la bête continuent de se diviser, même morte, aussi lentement que jamais. Elles assurent au sous genre de l’espèce une vie longue et prospère. Totalement excité, j’imagine depuis des jours ses plus plausibles courbes de croissance. Toutes ses séquences de fonctionnement. Je le baptise Cormier et poursuis sans m’interrompre. Il me faut un spécimen vivant.

Falaises de paix sur mer bitume, détail, 2018, dimensions variables, polystyrène, enduit à la chaux, tube aluminium, chêne massif, néon.
Vue de l’exposition « extraction offshore », Plateforme, Paris
Ici, là, couché.e, debout, détail, 2019, dimensions variables, acier peint, chêne massif, clous de tapissier, cuir.
Cosmos oublié, 2018, 70x70x10, pmma noir, contreplaqué, néons.
Falaises de paix sur mer bitume, détail, 2018, dimensions variables, polystyrène, enduit à la chaux, tube aluminium, chêne massif, néon.

Meus
Tu te me
Cesses
Livre nous l’indomptable
Qu’à ton passage
il gise
Donne nous l’abreuvante inertie

HNO3H2O, 2017, 200x200x150cm, acier peint.  Photographie : Thierry Grand
Vue de l’exposition « Champagne » à Champagne-sur-seine (77)

Un foulard bleu glisse sur une rambarde bétonnée. Après votre fuite de l’endroit, une verrière coulissante encore entrebâillée et l’action inattendue d’un souffle ont laissés la soie entreprendre l’enjambée du balcon. Attisée par l’entrée de notre hôte au crépuscule, la chambranle résonne encore, et on entend le lourd parapet tenter de retenir le voile, en silence. La caresse provoque un frisson qu’entretiennent les deux corps jusqu’à ce que le regard de madame surprenne la chute et suspende l’étole à ce moment d’une grande intensité.

La vague et l’île nue, 2016-19, 200x180x60cm, bois massif, contreplaqué, acrylique, cuir.
Sans-titre, 2016, avec Romain Bobichon, 200x120x120 cm, bois massif, toile, acrylique.
Vue de l’exposition « Poursuite du Dialogue : étape 1 », le Village, Nantes.

Dans un parallélépipède rectangle découpé à même l’espace
Une demi-sphère soustrait un volume en creux qui lui semble propre.
Deux droites perpendiculaires entre-elles relient le centre
des côtés de la base du solide parallélépipèdique.
Elles percent le coeur de l’objet importé en deux axes,
Dans l’aire dont ils disposent, sur un plan, à ce moment
Dans ce périmètre.
Ce sont les horizons intérieurs du conflit des deux masses inversées
Ce sont les bases probables d’un plan de projection
de l’image intérieure du creux dans le solide,
ou du solide dans le creux.

Quelques secondes avant l’aurore, 2018, 150x120x100cm, bois massif, enduit à la chaux.
Vue de l’exposition « Turnup #2 », Galerie de la Voûte, Vincennes

Tu tournes la tête dans un sourire sans lancer ton regard glacé tandis qu’on se lève pour danser, quatre à quatre. Ton gabarit s’abandonne dans cette danse. Plus rien n’est alentours. Ton ombre survie dans nos pas dessinés, affolée de ne plus être seule, et ton âme s’évapore. Sommes nous vraiment là ou ne fais-je qu’espérer ? Le ciel tombe dans ma tête. Je veux répondre à ton sourire mais il pleut. Je veux mieux me répandre, et ne plus penser aux rictus enragés, sinon j’espérerai encore. Mais il pleut toujours, nous sommes faits, pas d’abri. Les petits de nos petits se noieront dans les eaux diluviennes. Nos matrices inséparables éclaterons. Nos gemmes sont déjà arrêtées par cette pluie qui fend l’espace atmosphérique de tous ses traits. Une solution de gouttes pour une fusion coulantes. Et tu n’en reviens pas. Tu désynchronises mes cellules. Mes pensées n’arrivent plus jusqu’à moi. Il pleut, reviens, comble moi. Saisis le nuage sombre que tu laisses en découvrant mon reflet dans les atomes de pluie. Pleut moi s’il te plait. Assaille mon t-shirt mouillé dans une fusion froide. Je suis ton héroïne aux fouets humides. Sèche mes larmes, mon ombre. Chosifie mon antre, près des eaux d’une caverne inhabitable. Fine parois locale suintante construite avec mes pas, je te remontes, je t’escalade. Je vois nos courbes qui glissent des unes aux autres. Je vois nos lignes qui se croisent quand nous dégoulinons. Je manges ton existence aride. La pluie m’émeut et tu m’enivres, alors reviens. Ebauchons nous sous l’eau.

Les tuiles, les toiles, l’étoile (les pierres angulaires), 2016, 45x300x200 cm, Bois massif, vinyle.
Vue de l’exposition « Ondes urbaines », Millefeuille, Nantes.
Révolution rouge, jaune, blanc, 2015, 15x200x15 cm, bois massif, acrylique, filtres optiques,
Vue de l’exposition « Zig Zag », Gentilly

Construire encore pour obtenir un à peu prêt convenable, ou tout à fait ; Pour une chose et mille confrontations desquelles rien ne puisse être manqué. Pour que tout soit là en un mouvement. Qu’un rien ne bouge. Que tout résiste apparemment. Surtout l’insignifiance d’une digue entrain de céder, le sable écroulé et les grains répandus. Construire ces formes irréelles et rire quand elles se figent ou se délitent.
L’insouciance joueuse ne s’efface pas à mesure que le vivant s’enfonce dans des teintes improbables, à côté du néant, juste à côté de tout. Les grains fusionnent avec les rouages du monde. Gris jaune avec des zones arides, la matière étouffée et gisante vibre de sa solitude. Construire avec elle une sauvagerie mécanique bleutée, délluminer l’agonisant avec du rouge, et tout recommencer.

Love stream bleue, détail, 2017, dimensions variables, aluminium, filtres optiques, papier.
Chuter, tombé.e, détail, 2017, dimensions variables, aluminium, filtres optiques, papier.
Les éléments, détails, 2014, dimensions variables, bois massif, contreplaqué
L’élément 1, détail, 2014, 150X35X35cm, bois massif, contreplaqué
Vue de l’exposition « Shot cuts » à Short, Nantes